Lycée Renan

Henri Pouillot a vécu la guerre 39-45 et est resté traumatisé face aux horreurs qu’elle a engendrée, il pensait inadmissible que cela puisse se reproduire un jour. C’est pour cette raison qu’il participe à des manifestations contre la guerre d’Algérie et qu’il tente d’échapper à son incorporation. Il ne parvient malheureusement pas à prolonger son sursis.
Après cette guerre, Henri Pouillot décide de nous raconter les vingt-sept mois qu’il a passé là-bas et les actes qu’il qualifie d’odieux auxquels il a été témoin.
Il nous raconte donc que dès son arrivée en Algérie, il a été témoin de la violence des attaques, des exécutions commises en représailles, durant des « opérations punitives », des hommes étant abattus sans véritables raisons apparentes. Il nous parle ensuite de la torture commise par les officiers sur la population, sur des « suspects »; il décrit les méthodes inhumaines utilisées, les détenus étant traités comme des animaux, mal-nourris, entassés nus dans des cellules, n’ayant le droit à aucune hygiène.
Les méthodes de torture utilisées pour les interrogatoires sont inqualifiables, plus sordides les unes que les autres, entre les coups, les cheveux arrachés, et les électrocutions.
Il raconte que les femmes, loin d’avoir un traitement de faveur, étaient souvent violées, certaines n’étaient d’ailleurs arrêtées que pour assouvir les « besoins » sexuels de quelques officiers.
Henri Pouillot nous affirme ensuite que ces officiers qui pratiquaient la torture, loin d’être des monstres, étaient en réalité des jeunes comme tout le monde, gentils et agréables, mais qui subissaient un conditionnement psychologique et sûrement des pressions qui les conduisaient à commettre ces tortures avec une telle cruauté. Il nous dit que le climat de haine jouait sûrement un rôle dans le comportement de ces tortionnaires occasionnels, qui voulaient prouver qu’ils étaient capables de venger leurs « copains ».

Selon Henri Pouillot, cette partie de l’histoire du colonialisme français est l’une des racines du racisme en France, et il est pour lui urgent que le gouvernement Français condamne cette pratique de la torture dont il s’est rendu coupable, avant de pouvoir se montrer en donneur de leçons.
Je pense qu’il est important que ce témoignage se diffuse afin que les gens découvrent à quel point cette guerre fut cruelle, cette vérité mérite d’être connue.
Mais il est encore plus important que le gouvernement reconnaisse ces faits, premièrement car comme le dis Henri Pouillot, un pays ne peut pas donner de leçons en terme de respect des droits de l’Homme alors qu’il a lui-même dans son passé commis des crimes tel que la torture sur une population.
Et deuxièmement car il est inadmissible de laisser ces officiers porter seuls la honte de leurs agissements, ils n’ont pas choisi de participer à cette guerre pour la plupart et encore moins choisi de pratiquer la torture. La torture a été fortement dénoncée durant cette période et à leur retour, les soldats ont refusé de parler de ce qu’ils avaient fait, par honte et par peur d’être jugés sûrement, gardant pour eux ce qu’ils avaient fait, sans le moindre soutient du gouvernement, excepté une médaille de temps en temps…
Enfin, selon moi, que le gouvernement ne reconnaisse pas ces tortures est la preuve d’un total désintérêt de la vie humaine, et d’un manque total de sens moral.

 Sarah Berel

Ce témoignage est celui d’un jeune homme, Henri Pouillot qui ne souhaite pas participer à une guerre quelle qu’elle soit. Il a vu les séquelles que son père gardées de la guerre 1914/1918. Il a vécu, pendant son enfance, sous un climat de guerre durant la guerre 1939/1945. Mais il est envoyé de force en Algérie où il sera officier de renseignement. Il rend publique des faits qui ne l’avaient jamais été auparavant.

Il raconte ses 27 mois passés en Algérie en tant qu’appelé du contingent. Il parle de tout ce qu’il a vu car il était aux premières loges. Il nous décrit l’endroit où il était basé avec d’autres jeunes du contingent. Son explication est précise sur le sous-sol de la villa et de ces différentes pièces ainsi que de leurs utilisations. Il y avait de toutes petites pièces où étaient retenus les algériens et des salles où la torture était pratiquée. D’après ce qu’il nous indique les conditions de vie des algériens retenus étaient horribles, insalubres. A cause du fait qu’ils soient nombreux dans un espace restreint, qu’ils n’aient rien pour faire leur toilette mais aussi pour la nourriture car ils n’avaient droit qu’à un quart de baguette par jour en général. Ces conditions étaient les même pour tout le monde, les femmes y compris lors de leur règle. Les interrogatoires nous montrent une volonté de l’armée française de rabaisser, d’humilier et faire comprendre aux algériens qu’ils sont inférieurs. Lors de ces interrogatoires la torture était pratiquée, cela pouvait durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. Il précise que parfois les femmes étaient arrêtées simplement pour subvenir aux « besoins » naturels des hommes. Il ne parle pas seulement des algériens il parle aussi des appelés qui étaient comme lui lors de leurs arrivées mais qui à cause du conditionnement psychologique, pouvaient se montrer d’une cruauté extrême alors que l’on pouvait tenir avec eux une conversation tout à fait normale en dehors de cela.

Henri Pouillot met en rapport la Guerre d’Algérie et tout ce qui s’est passé durant pendant la période coloniale. Il accepte que son témoignage soit publié si cela peut aider à ce que ça ne se reproduise pas.

Le fait d’étudier un témoignage d’une personne ayant vécu la guerre d’Algérie pendant notre année scolaire est très intéressant car même si nous étudions ce chapitre en cours ce n’est pas basé que sur des documents du manuel ou des connaissances de notre professeur. Cela ne nous touche pas vraiment car le vocabulaire est adapté pour ne pas choquer les élèves. Alors que dans ce témoignage l’auteur ne sait pas si des élèves vont le lire, l’étudier donc les choses sont dites telles qu’elles sont. Une fois que l’on a lu cela on ne peut pas nier ce qui s’est passé en Algérie, on ne peut que constater.

On ne doit pas faire de la guerre d’Algérie une généralité mais en parler ne peut faire qu’avancer les choses si le débat est constructif. Le sujet est sensible mais je pense que l’oublier pourrait nous forcer à recommencer les mêmes erreurs.

Juliette Gougeon-Morin

Henri Pouillot a été témoin des bombardements de la guerre 1939-1945 pendant sa jeunesse. Son père a participé à la Première guerre Mondiale, et est revenu avec de lourdes séquelles. C’est pour cela qu’il ne voulait pas participer à la guerre d’Algérie.
La guerre d’Algérie est très complexe et récente. Ce sont nos grands-parents qui l’ont vécue et qui sont concernés. Aujourd’hui, dans certaines familles ce sujet reste un point très sensible.
Durant cette guerre, il faut l’avouer, il y a eu de la torture qui a été pratiquée. Elle a été pratiquée auprès des membres du FLN pour avoir des informations comme des caches d’armes, les noms des réseaux ou les lieux des prochains attentats par exemple. Pour extraire ces informations, ils pratiquaient plusieurs formes de tortures. Il y avait d’abord des tortures physiques avec la baignoire, la gégène…. mais aussi des tortures psychologiques à cause des nombreux interrogatoires et de la pression qu’ils avaient.
Si une personne était suspectée d’être un membre du FLN il lui arrivait la même chose. De plus, ils étaient gardés dans des endroits insalubres. Ils n’avaient ni d’eau, ni de toilettes et ils devaient ramasser leurs excréments avec leurs mains. Avec la chaleur les odeurs étaient insoutenables et ils dormaient à même le sol avec une couverture jamais lavée.
Cependant il n’y avait pas que les membres du FLN qui étaient touchés par ces tortures. Quelques civils ont subi le « même sort ». Par exemple, des femmes étaient enlevées, puis mises toute nues et violées plusieurs fois par jour. Ensuite elles avaient un petit repos de un ou deux jours. Ensuite elles étaient de nouveau violées et ainsi de suite.
Les personnes ayant subi ces tortures ont beaucoup souffert moralement et physiquement pendant la guerre et certaines en sont même mortes. Cependant les « rescapés » garderont de lourdes séquelles pendant toute leur vie et auront beaucoup de mal à s’en remettre.
Il faut quand même savoir avant tout que les hommes qui ont pratiqué cela n’étaient pas des monstres. Ils étaient juste des personnes comme vous et moi. Mais, ce qui s’est passé, c’est qu’il y a eu un effet de groupe avec de fortes pressions créées par leurs supérieurs et même parfois, dans certains cas, par leurs collègues. Du coup ils n’étaient plus les mêmes.
Pour l’instant la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie a été reconnue officieusement. Mais la France ne l’a pas encore reconnue officiellement et je pense qu’il faudrait qu’elle le fasse car elle a bel et bien été présente. Même si cela reste très délicat car certaines personnes l’ayant pratiqué sont toujours de notre monde. Et que certaines d’entre elles ne se sont toujours pas remis de ce qui s’est passé ; et qu’ils doivent, chaque jour vivre avec cette lourde culpabilité et mauvaise conscience. Cela permettra de respecter les mémoires de ceux qui ont vécu ces atrocités et leur famille. Et la France doit assumer ce qu’elle a fait. Certains pays sont passés aux aveux par rapport à certaines atrocités qu’ils avaient commises, pourquoi pas la France ?
Cependant, il ne faudra pas en faire une généralité !!

Alexandre Henri

Henri Pouillot était un subversif, c’était le nom que l’on donnait aux personnes qui se soulevaient contre le guerre d’Algérie. Attrapé par la police lors d’une de ces manifestations, il a dû faire, malgré ses convictions, 27 mois de service en Algérie (dont 10 à Alger même) en tant qu’appelé du Contingent.
Son aversion pour la guerre n’est pas née de nulle part, il sait ce que c’est la guerre. Comme beaucoup de jeunes de cette époque il est descendant de poilus de 14/18, il a connu la fin de 39/45 avec les bombardements, les « punitions » mortelles des soldats Allemands, la guerre et ce qui l’accompagne, il connait, et n’a jamais voulu en être un acteur.
Malgré tout il doit faire l’Algérie comme pour confirmer une nouvelle fois à lui, et à tous ces autres jeunes, que la guerre est perfide, mauvaise, capable du pire et surtout de changer profondément un homme ou d’en traumatiser un autre.
Pour le punir encore mieux de son acte révolté, pour le punir parce qu’il ne voulait pas vivre les horreurs de la guerre, on l’a envoyé à la tristement célèbre Villa Susini. Cette dernière est connue pour avoir été l’un des bastions de la torture, les conditions de vie des détenus était misérable : des prisons communes, aucune intimité, aucune hygiène, aucune considération. Les fameuses tortures qui y étaient pratiquée sont variées, et l’on reconnait bien l’imagination macabre de l’homme pour inventer toujours plus de nouvelles façons de torturés, toujours plus violentes, humiliantes et obscènes.
Ne parlons pas de l’état des femmes, on oublie les traditions, et l’on viole. Comment dissocier la guerre du viol ? L’homme a forcément besoin, une fois lâché, de tout détruire, jusqu’à ces femmes soumises aux règles de virginité et de fidélité, dont la vie était détruite après leur passage forcé dans les bras des soldats Français.
Le témoignage que nous offre Henri Pouillot est effrayant, lire ces lignes et essayer de visionner les scènes qu’il décrit est impossible, ce qu’il relate est tout simplement inimaginable. On a même l’impression de retrouver des ressemblances avec les témoignages de la Deuxième Guerre Mondiale.
Et des textes comme celui-là il doit y en avoir des centaines, des lignes qui sont certes lues, mais est-ce que ce que demande Henri Pouillot est-il fait ? Est-ce que la France a revendiqué et assumé ses responsabilités de ses actes ? Non, on espère et on croit qu’un jour ce sera le cas, que l’Etat acceptera totalement cette sombre période algérienne.
Il faut aujourd’hui encore se battre pour faire écouter ces voix de l’ombre, faire reconnaître ces actes odieux et en porter les conséquences. L’acte le plus lâche est d’ignorer le passé, l’Histoire est là pour nous montrer et nous faire comprendre ce qu’il ne faut pas reproduire.
La Mémoire est importante, omniprésente peut être, rendue envahissante par les médias, mais on peut dire ce que l’on veut, critiquer encore, mais plus on nous montrera le passé, les décisions et les conséquences anciennes, mieux nous comprendrons notre présent et mieux nous serons aptes à construire un futur un peu plus acceptable.

C’est peut-être un peu trop optimiste de penser ça, car l’Homme quoi qu’on lui montre, qu’on lui apprenne, restera foncièrement méchant, il restera un homme. Un être capable de réfléchir, de faire des choses extraordinaires mais qui au fond garde une part de bestialité, qui ne demande qu’à être libérée. 

Anne-Gaëlle Ardiet

A travers ce témoignage, Henri Pouillot nous raconte ses sentiments face aux différentes guerres qui ont touchées notre Histoire mais également sa vie. Il retrace son parcours depuis ses origines, avec un père blessé et gazé pendant la Grande Guerre, jusqu’à aujourd’hui où il ose enfin parler des évènements inavouables qu’il a vus et vécus pendant la guerre d’Algérie.
Au fil du texte, on comprend que M. Pouillot a comme été persécuté par la guerre. D’abord par celle de 14/18, puis avec celle de 39/45 qu’il a vécue enfant pour enfin participer lui-même au combat de la guerre d’Algérie. Toutes les atrocités qu’il a pu voir pendant cette guerre, il a tout d’abord préféré les garder sous silence. C’est après plusieurs années de réflexion qu’il a enfin décidé de rendre public son témoignage.
Il décrit les massacres, les représailles, les moyens de torture autant infligés aux hommes qu’aux femmes. Il nous fait également comprendre que ces « tortionnaires » n’étaient pas au quotidien des monstres mais simplement des jeunes un peu perdus qui se sont fait embrigader dans un cercle vicieux de haine. Les descriptions de violence sont très crues mais révèlent la dure réalité. Entre les viols à répétition, les humiliations quotidiennes, H. Pouillot ne comprenait pas à l’époque comment de telles atrocités puissent exister.
Aujourd’hui, Henri Pouillot mène un véritable combat pour que le gouvernement assume enfin cette pratique de la torture dont la France s’est rendue coupable. Il veut le respect total des droits de l’Homme que notre pays se targue de respecter à la lettre.
Ce témoignage est d’une importance capitale pour la conservation d’une mémoire collective de notre Histoire. Nous devons prendre exemple de ces erreurs pour ne plus les répéter. La France devrait assumer ses actes passés même si rien ne pourra être effacé des mémoires. Le sujet est encore aujourd’hui très sensible du fait des nombreuses souffrances qu’ont engendrées cette guerre. Il faut donc ne pas oublier toutes ces souffrances et ne salir aucune mémoire autant celle des pieds noir que celle des soldats français qui n’étaient pas tous des tortionnaires. Il ne faut surtout pas faire de généralité.

Ce témoignage me touche plus particulièrement du fait que mon grand-père a lui aussi fait partie de ces appelés du contingent, que l’on pense aujourd’hui pour certains cruels alors qu’ils n’étaient à l’époque que de jeunes hommes pas encore adultes. Ils ont eux aussi été confrontés aux horreurs de la guerre qui les auront marquées à vie. J’espère donc aujourd’hui que des hommes comme Henri Pouillot, mon grand-père ou encore les pieds noirs essaient d’oublier les erreurs du passé et de pardonner.

Ingrid Desbois

Ce témoignage d’Henri Pouillot nous explique la dure réalité de la Guerre d’Algérie mais également de toute son atrocité. Il nous donne son point de vue sur cette guerre ainsi que tout ce qu’elle a pu engendrer. Henri Pouillot nous dit qu’il ne veut pas faire cette guerre car cela lui rappelle le traumatisme de son père lors de la guerre de 1914/1918.
Cependant, Henri Pouillot se verra obligé de faire cette guerre et en reviendra traumatisé comme son père. Il fut choqué des tortures mais également des viols qui avaient lieu en Algérie. Il nous parle aussi des conditions de vie des prisonniers hommes qui étaient insoutenables, ainsi que celle des femmes qui avaient les mêmes conditions de vie déplorables. Il déplore également l’hygiène de vie, le peu de nourriture, les tortures… Cependant il nous assure que ces tortionnaires étaient des gens comme tout le monde même parfois adorables mais ils s’étaient tous retrouvés dans l’engrenage de la guerre et avaient fait subir des choses terribles à beaucoup de prisonniers. Lorsqu’Henri Pouillot nous parle des viols des femmes algériennes, il ajoute qu’elles devaient supporter plusieurs rapports dans la même journée et étaient relâchées dans la nature. Il nous décrit toutes ces atrocités de façons violentes et crues mais il le fait de manière à ce que les gens prennent conscience que cette guerre a engendrer du racisme et il veut également que la France prenne ses responsabilités et qu’elle admette tous ces crimes et actes contre la population algérienne.
Pour ma part, je pense que cette guerre doit être une preuve de l’atrocité de l’homme lorsqu’il y a des mouvements de masse. Il faut que cette guerre reste gravée dans les mémoires de chacun et chacune afin d’assumer tout ce qui a pu se passer en Algérie. Même si nous sommes la nouvelle génération et que nous n’avons rien à voir avec ce conflit je pense qu’il est mieux que nous gardons tout cela en mémoire, pour que ça ne puisse plus jamais se reproduire et que nous évitions de faire la même erreur, ainsi qu’à la mémoire de tous ces gens morts durant cette guerre. Il faut savoir que cette guerre nous a rendu des hommes changés, différents. Certains ont pu faire des cauchemars, d’autres n’ont plus jamais parlé de cette guerre, d’autres encore ont pris goût aux armes, à la violence. Il s’est passé des choses graves là-bas puisqu’alors il n’y avait plus aucune règle et tout le monde faisait ce qu’il voulait. C’était une sorte d’anarchie dans l’armée puisque le gouvernement l’a laissé prendre toutes les décisions pour ne pas se salir les mains. C’est inadmissible et pourtant c’est arrivé. Nous n’avons en aucun cas assumé tout ce qui avait pu se passer et les hommes ayant fait la guerre n’ont pas voulu en reparler ou du moins très peu, car cette guerre a traumatisé plus d’un homme. Henri Pouillot nous en fait un témoignage pour dénoncer toutes ces choses.
C’est pourquoi ces atrocités doivent être reconnues par la France ainsi que tout ce qu’elle a pu faire, tout ce qu’elle a pu engendrer et donc prendre ses responsabilités sur tout ce qui a pu se passer durant la Guerre d’Algérie. Cependant tout ce qu’a pu faire le FLN ainsi que l’OAS doit aussi être pris en compte et a également sa part de responsabilités durant la Guerre d’Algérie.

Lisa Calandre

Aujourd’hui, nous allons nous intéresser au témoignage bouleversant d’un appelé du contingent, Henri Pouillot. En effet, se présentant comme un simple témoin dans son récit, on reconnaît un homme très marqué par les nombreuses scènes de torture auxquelles il fut contraint d’assister.
Avec ce témoignage, Henri Pouillot veut nous révéler que la torture n’était pas occasionnelle, mais que chaque scène de violence citées dans son récit était quotidienne.
En effet, durant une grosse partie de ce récit, les différentes scènes de violence sont décrites, presque comme des éléments normaux : « Entre les coups en tous genres (poings, bâtons, pistolets, ceinturons…) sur toutes les parties du corps, les cheveux arrachés, le jet d’eau, les viols par bâtons, pistolets dans l’anus… »
Le but de ce récit est de marquer les esprits et surtout de faire reconnaître à la France l’existence de tous les actes de barbarie présents durant la guerre d’Algérie.
Le combat de cet homme est si courageux, que je crains de lui faire injure en donnant mon opinion : Je pense en effet qu’il est trop tôt pour que la France reconnaisse ses actes durant la guerre d’Algérie. La grande majorité de ceux qui ont combattu en Algérie, vivent cela comme le plus grand traumatisme qu’ils n’aient jamais eu à subir. Il serait donc trop douloureux pour tous les anciens militaires et appelés du contingent de faire resurgir ce drame de leur mémoire. De plus, je pense qu’ils ont conscience de la gravité de leurs actes passés et qu’il n’est pas nécessaire d’en rajouter.

Louis Dupont

« La torture en Algérie est une atrocité de l’histoire de notre pays, qui, ne le reconnaît pas officiellement, même si cette pratique qui a eu lieu durant la guerre n’a désormais de secrets pour personne. Je ne comprends pas comment une population qui a subi le même traitement durant la guerre 39-45 puisse répéter cela sur une autre population, quelques années plus tard. Je ne comprends pas non plus comment un pays comme le nôtre a pu commettre cela, alors qu’il est connu pour être le pays des droits de l’homme. Pour moi cela doit rester ancreé dans nos mémoires, c’est une partie de l’histoire de nos grands-parents, donc de la nôtre, même si il est dur d’admettre que certains d’entre eux aient pu commettre de tels actes. C’est aussi à mon avis pourquoi l’Etat ne reconnaît pas officiellement la pratique de la torture en Algérie, de peur que la population ne généralise et pense que tous ceux présents en Algérie aient torturés, alors qu’ils ne sont qu’une minorité. Cela pourrait atteindre les familles de ceux qui n’ont rien fait, mais également ceux qui ont torturés, cela étant souvent des histoires de familles que l’on préfère cacher. La France devrait avoir honte de ses exactions, qu’elle a caché volontairement pendant une génération (celle de nos parents), puisque cette page d’histoire ne figurait pas à leur programme scolaire. Les gens qui ont participé de force à ces exactions ont du mal encore à en parler librement et à l’oublier, alors pourquoi nous devrions nous l’oublier ?
J’espère que cette page d’histoire restera dans les mémoires françaises de génération en génération afin qu’elle ne se répète pas. »

Maël Givaudan

Henri Pouillot fait partie de ces soldats n’ayant pas voulu partir en Algérie pour combattre. Il mène de nombreuses manifestations à l’encontre de la guerre et subit plusieurs arrestations. La raison pour laquelle il est contre le fait de partir est qu’il a grandi sous l’occupation nazie et donc vu les horreurs que peut engendrer une guerre. Il a également  un père ayant gardé de graves séquelles de la guerre 1914/1918. Il a donc conscience de ce qu’il va subir en Algérie et ne veut pas assister à cette opération. Il est tout de même appelé pour y participer et n’a d’autre choix que de s’y rendre. Il est amené à la villa Susini où il passe tout son séjour. C’est là qu’il nous décrit les sous-sols de la villa où vont être enfermé les suspects membres du Front de Libération National algérien. Les détenus sont ici torturés et survivent dans des conditions déplorables. Ils n’ont comme mobilier qu’une couverture sale et ne disposent ni de WC, ni d’eau. Ils peuvent s’entasser à 6 dans une pièce de 2 mètres carrés. Ensuite pouillot décrit les interrogatoires qu’essuyaient les détenus ; ils doivent alors être nus afin de se sentir plus vulnérables et donc plus contraints à parler, selon l’Etat-major. Les femmes sont traitées de la même manière. C’est alors que la torture fait son entrée ; coups de bâton, jet d’eau, couteau, sans oublier la gégène ayant pour « cibles privilégiées » les parties sexuelles. Puis Pouillot raconte les viols des femmes qui était quasi systématiques pour les détenues : « très rares sont les femmes qui […] n’ont pas été violées par des soldats ». Il insiste sur la gravité des faits due à la religion musulmane qui oblige une femme à rester vierge jusqu’au mariage. Enfin, il nous explique que les soldats exécutant la torture, les viols, étaient des gens « normaux », adorables avec qui il aimait passer du temps mais il dénonce ici un conditionnement psychologique de la part de l’encadrement et une sorte de « surenchère morbide ».

Par Manon Décamps

Il est compréhensible que Henri Pouillot ainsi que de nombreux autres appelés souhaitent, exigent même, une reconnaissance officielle de la France sur sa pratique de la torture en Algérie.
Il est complètement inadmissible que de telles atrocités se perdent dans l’histoire, qu’on oublie ces évènements. Les scènes d’horreurs décrites par Pouillot sont tout simplement horribles : le vice est poussé à son paroxysme. On venge un « copain » inconnu, mort au combat le jour ou la semaine précédente, en faisant souffrir son prisonnier jusqu’à la limite de l’inimaginable. La gégène, les viols par objets, les coups, les taillades. Aucune limite, on peut laisser voguer son imagination avec pour seule consigne de ne pas trop « abimer » son détenu pour la libération du personnage, afin d’éviter les problèmes.
Sans parler des conditions plus que déplorables dans lesquelles les prisonniers sont détenus. Hommes et Femmes entassés jusqu’à six dans de minuscules espaces. Bien entendu, ces prisonniers n’ont pas la possibilité d’aller aux toilettes, devant faire sur place. Ceci montre qu’en plus d’effectuer une torture physique sur les détenus, ils affligent également une torture morale traitant les détenus comme des sous-hommes.
La France n’a-t-elle pas signé la convention de Genève en 1949 ? Comment un pays tel que la France peut-elle permettre et effectuer de telles atrocités ? Cependant elle l’a fait, et maintenant cette France doit assumer cette sombre page de son histoire en reconnaissant officiellement la pratique de la torture en Algérie.
Je pense que cela est nécessaire pour la mémoire des victimes, mais aussi sur le plan moral : La France doit admettre ses erreurs pour je l’espère ne plus recommencer.

Maxime

Le texte que nous avons lu raconte une véritable histoire. L’histoire d’un jeune, qui fut un appelé du contingent durant la guerre d’Algérie, contre son gré. Il fut envoyé à la Villa Susini, un des endroits les plus à risques durant cette guerre. Là-bas, durant son service, il vit les pires horreurs : des soldats français qui, pour venger un de leur camarade, étaient prêts à tuer 400 personnes qui n’avaient rien fait, des arrestations d’une extrême violence. Dans la Villa se déroulait les interrogatoires afin de trouver les membres du FLN. Dans les caves de cette villa était entassé une dizaine d’hommes dans 4m² et parfois même des femmes. Les conditions étaient désastreuses pour les « prisonniers » : quasiment pas d’eau, un bout de pain, pas de wc, la question des règles pour les femmes n’était même pas abordée. Lors de ces interrogatoires, les femmes ou les hommes interrogés devaient se mettre nus et subissaient des tortures. Les soldats les électrocutaient à l’aide de la gégène, même sur les parties génitales, par exemple. Les femmes elles, pouvaient subir plusieurs viols durant une même journée.
Je pense qu’il est normal de parler de ces graves événements. C’est notre histoire, une histoire qui concerne tous les Français et les Algériens. Il est donc normal que nous en parlions, c’est le devoir de mémoire. Cette guerre est encore proche de nous, il est même tout à fait possible qu’un membre de notre famille y ait participé. Si plus personne n’en parle, les générations futures ne sauront pas ce qui s’est passé là-bas.
En effet, nous avons vu cette année en cours d’Histoire Géographie la guerre d’Algérie. Cela m’a plus car j’en avais déjà entendu parler, seulement, je ne savais pas quelles étaient les causes de ce conflit et quelles étaient les atrocités qu’avaient pu subir ces populations. Grâce à ces cours, j’ai pu comprendre quelle était l’origine de ces événements, quelles avaient été les populations concernées, comment cette guerre avait pu se dérouler et sous quelle forme.
Cependant un témoignage comme celui d’Henry Pouillot présente pour nous une prise de conscience totalement différente. Pour nous, un cours d’Histoire est quelque chose de réel certes, mais cela reste à nos yeux quelque chose de théorique, qui est proche de la réalité mais qui ne dit pas tout. Ce genre d’écrit nous fait réaliser que ces horreurs sont vraies, que de vraies personnes qui ont existé l’ont vu et l’ont vécu. C’est seulement c’est à travers ces écrits que nous pouvons réellement comprendre ce que les envoyés du contingent, les Algériens ou les pieds-noirs ont vécu durant ces années.
Par ailleurs il se trouve que nous, les jeunes, pouvons être « agacés » à force d’entendre parler de guerre. Il est vrai que durant notre parcours au collège, nous avons vu, vu et revu la Première Guerre Mondiale et la Deuxième Guerre Mondiale, en cours d’Histoire mais aussi en cours de Français en lisant par exemple des romans d’anciens Soldats racontant leur expériences, et même des films. Depuis, beaucoup de lycéens ne veulent plus vraiment en entendre parler. Durant notre cycle on nous a répété les mêmes choses, les mêmes anecdotes, et je pense que certains d’entre nous sont arrivés à un stade où ils aimeraient ne plus vraiment en entendre parler. Bien que nous nous sentons concernés par ces événements importants, bien évidemment.
Pour conclure, je dirai donc que parler de la Guerre d’Algérie est nécessaire car nous avons besoin de connaître notre histoire et celle-ci n’est pas connue de tous. Cependant, il faut faire attention à ne pas « trop » en parler, cela pourrait braquer certaines personnes qui pourraient être lassées d’entendre parler de cette guerre, dans le futur.

Pauline Rault

Chaque personne française devrait se sentir plus ou moins concernée par cette guerre.
Pour commencer, cette guerre fait partie de notre histoire tout comme la 1ère et la 2nd guerre mondiale. Nous devons connaître les raisons, les atrocités commises mais surtout les conséquences qui en découlent. Nous devons tous la garder en mémoire. Tout ce qui s’y est passé doit nous servir de leçon. Nous savons aussi que les personnes ayant commis des atrocités étaient des personnes banales comme tout le monde sauf que celles-ci ont été emportées par l’effet de masse. Elles ont été embrigadées par ce phénomène, par ce genre de manipulation. Ces choses horribles ne doivent vraiment pas se reproduire. C’est pour cela que les témoignages doivent être connus ou lus par le plus grand nombre de personnes possible pour éviter encore une situation de ce genre. Il faut vraiment se sentir concerné par ceci même si nous ne pourrons jamais être vraiment dedans puisque nous ne l’avons pas vécue. Justement d’un autre côté, il est difficile de se sentir concerné par cette guerre puisque nous ne l’avons pas vécue. Nous ne savons ce que cela fait de torturer, de voir des personnes se faire torturer ou être torturé. Nous ne savons pas ce que cela fait de vivre dans la peur, dans la précarité. Nous ne savons ce que c’est que de revenir traumatisé d’une guerre que ce soit moralement, physiquement ou même les deux. Nous ne devons pas rester ignorants. D’un autre côté, nous ne pouvons pas non plus rester objectifs puisque nous sommes français et il nous est difficile de penser comme des algériens.
Pour finir, je me sens d’autant plus concernée par cette guerre car mon grand père ayant participé à celle-ci en tant que para a été l’un des premiers blessés et ayant reçu une médaille.

Sara Le Guen Ghazzaoui

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